Documentation Lille Bienvenue sur le site des professeur·es documentalistes de l'Académie de Lille !

L’IA va-t-elle nous prémunir des fake-news ?

Claire Chaumette, professeure documentaliste au Collège Jean-Baptiste Lebas à Roubaix, partage une séance menée dans le cadre d’une journée spéciale EMI.

Contexte : le collège Jean-Baptiste Lebas organise une semaine de la citoyenneté du 23 au 27 mars. Des spectacles, des lectures et des séances pédagogiques spécifiques sont proposés aux élèves durant cette semaine afin d’enrichir leur compréhension des différentes discriminations (sexisme, racisme, etc.).

Durant cette semaine, le collège organise une journée d’ateliers d’Education aux Médias et à l’Information pour les classes de 4ème sur différentes thématiques : la liberté d’expression, les réseaux sociaux, les théories du complot, les représentations des hommes et des femmes dans les médias, et la manipulation des images. Un atelier est également mené sur l’Intelligence artificielle et les fake-news par Fabrice Willaert, professeur de physique chimie et Claire Chaumette, professeure documentaliste.

Objectif : l’objectif est de faire réfléchir les élèves à leur usage de l’IA en tentant de répondre à la problématique suivante : L’IA va-t-elle nous prémunir des fake-news ?

Ce projet s’inscrit dans le cadre des TRAAM EMI 2025-2026 autour de l’éthique et de l’intelligence artificielle. Il vise à développer chez les élèves une culture critique de l’information, en les amenant à questionner la fiabilité des contenus, les mécanismes de manipulation et les enjeux éthiques liés aux usages des intelligences artificielles génératives. En mobilisant des démarches actives d’analyse, de vérification et de débat, ce travail contribue à former des citoyens éclairés, capables d’exercer leur esprit critique face aux nouveaux environnements informationnels.

Niveau : classes de 4e

Compétences :

EMI

CRCN

CPS

Déroulé : 

1. Introduction – lancement :

Accueil des élèves, et répartition en groupes de 2 ou 3 élèves pour qu’il y ait 8 groupes.

Distribution aux élèves d’une fiche Plickers. Les élèves peuvent ainsi répondre en votant individuellement pour la réponse qu’ils trouvent la plus juste.

❓Plickers 1. Pensez-vous que les informations que vous voyez sur les réseaux sociaux sont vraies ?
A : Oui, toutes les informations sont vraies.
B : Oui, la plupart des informations sont vraies.
C : Non, la plupart des informations sont fausses.
D : Non, toutes les informations sont fausses.

TikTok est la plateforme où les internautes sont le plus exposés à la désinformation, selon une étude sur six grandes plateformes publiée fin septembre 2025 par Science Feddback et financée par le Fond européen pour les médias et l’information. Près d’un contenu sur cinq sur TikTok contient des informations fausses ou trompeuses. C’est environ 13% Facebook et 11% pour X. YouTube et Instagram tournent autour de 8 %.

Questionnement de lancement : il est donc très possible que vous ayez déjà vu sur ces réseaux une fausse information. Est-ce que c’est lié à l’IA ? Est-ce qu’il y en a davantage avec l’IA ? Réfléchissons ensemble à la question : l’IA va-t-elle nous prémunir des fake-news ?

2. Phase de préparation du débat en petits groupes de travail : les élèves analysent un ou deux documents pour ressortir l’idée principale et préparer la présentation de cette idée à l’ensemble de la classe.

Chaque élève a un rôle particulier dans le groupe :

  • présentateur : chargé de présenter les membres de son groupe et d’annoncer le sujet travaillé. Il est également en charge de distribuer la parole aux autres élèves de la classe s’ils ont des questions à la fin de leur présentation.
  • orateu : chargé de la présentation orale de l’argument.
  • scripteur : chargé de l’écriture des arguments sur le tableau.

Remarque : si le groupe n’est composé que de 2 élèves, l’élève présentateur est également orateur.

3. Le débat :

Rassemblement des élèves et diffusion des derniers conseils : le but est de convaincre, pour cela, il est nécessaire d’être compris :

  • Le présentateur et l’orateur doivent parler clairement (pas trop vite, suffisamment fort,…),
  • Les scripteurs doivent écrire lisiblement (assez grand…) et synthétiser.

Les deux premiers groupes d’élèves présentent les termes du débat :

Groupe n°1 : Définition de l’IAGroupe n° 2 : Définition de fake-news

❓Plickers 2. Pensez-vous que l’IA commet des erreurs et génère des fake-news ?
A : Dans IA, il y a Intelligence, donc l’IA ne fait pas d’erreurs.
B : L’IA peut commettre des erreurs.
C : L’IA ne produit que des fausses informations. Il ne faut pas croire les machines !

Puis les groupes 3 et 4 viennent présenter leurs arguments :

Groupe n°3 : IA surpasse l’homme en médecine, dans des jeux de stratégies comme le goGroupe n° 4 : Fonctionnement même de l’IA inclus des erreurs = « hallucinations ».

Plus les IA sont utilisées moins elles hallucinent, elles se perfectionnent.
❓Plickers 3. Les systèmes d’IA évoluent très vite et se perfectionnent. Que pensez-vous ?
A – Il devient de plus en plus difficile d’identifier si le contenu a été produit par un humain ou par une IA.
B – Il est facile de voir si l’image a été générée par IA en regardant attentivement les mains ou les dents.

Puis les groupes 5 et 6 viennent présenter leurs arguments :

Groupe n°5 : Avec les deepfake, l’usage de l’IA est de plus en plus difficile à identifier.Groupe n°6 : L’IA peut être servir à protéger les sources

❓Plickers 4. Est-ce que la génération de fake-news par l’IA est un problème ?
A – Non, la génération de fake-news par l’IA n’est pas un problème. C’est rigolo !
B – Oui, la génération de fake-news par l’IA est un problème car notre droit à l’image n’est plus respecté.
C – Oui, la génération de fake-news par l’IA est un problème car des personnes peuvent usurper notre identité.
D – Oui, la génération de fake-news par l’IA est un problème car on ne sait plus ce que l’on peut croire… on se méfie de tout !

La génération de fake-news peut être problématique, le groupe 7 va en donner un exemple :

Groupe n°7 : Une large diffusion de fake-news pose des problèmes démocratiques.

Le dernier groupe va proposer une solution pour lutter contre la diffusion des fake-news :

Groupe n°8 : Une IA au service de la vérification des informations, c’est-à-dire du fact-checking = Ask Vera

❓Plickers 5. Est-ce que l’IA va nous prémunir des fake-news?
A – Oui, l’IA va nous aider à lutter contre la diffusion de fake-news.
B – Non, l’IA ne va pas nous aider à lutter contre les fake-news.

Cette dernière question ouvre un débat plus libre sur la question des IA et des fake-news.

Bilan réflexif :

Sur la première question, dans toutes les classes de 4e avec lesquelles nous avons animé la séance, les élèves répondent majoritairement que « la plupart des informations sont fausses » sur les réseaux sociaux. Cela résulte sans doute des multiples discours de prévention tant au niveau de l’école qu’au niveau familial.

De même, cette posture méfiante existe envers l’IA, puisqu’en majorité, dans les 6 classes de 4e, les élèves ont répondu que « L’IA peut commettre des erreurs » (de 58% à 100% des élèves par classe ont donné cette réponse, 83% des élèves en moyenne sur l’établissement).

Les réponses à la 3e question sont plus partagées. Les élèves qui considèrent qu’il est de plus en plus difficile d’évaluer si un contenu a été produit par l’IA, sont un tout petit peu plus nombreux que ceux qui pensent être encore capable de déterminer si un contenu a été produit ou non par l’IA (notamment dans le cas de génération d’une image).

Les réponses proposées pour le 4e vote étaient sans doute trop orientées puisqu’il y avait une seule possibilité lorsqu’on estimait que la génération de fake-news par l’IA n’était pas un problème, et trois pour détailler le fait que cela représentait un problème. Ainsi sur plus d’une centaine d’élèves ayant participé à l’atelier, seuls 12 ont répondu que cela n’était pas un problème.

Malheureusement, la séance étant dense, nous n’avons pas toujours eu le temps de proposer le dernier vote et de passer au débat libre.

Lors de chaque vote, les élèves voulaient connaître quelle était LA bonne réponse. Hormis, le premier vote, tous les autres présentaient plusieurs idées sans bonne réponse préétablie. Comme cela était inhabituel, les élèves ont eu de grandes difficultés à comprendre qu’il n’y avait pas de bonne réponse et que le principe était qu’ils réfléchissent aux différentes notions.

La séance s’est néanmoins très bien déroulée. Le fait que chaque élève ait un rôle a sans doute contribué à l’implication de tous les élèves dans la séance. De plus, l’idée qu’ils devraient tous passer devant les autres pour présenter leur document a également favoriser leur engagement dans la séance.

Les documents, pourtant raccourcis, étaient peut-être encore trop longs pour nos élèves. Durant la phase de préparation, nous avons dû aider la plupart des groupes à identifier l’idée principale de leur document.

La séance a intéressé les élèves. En effet, à la suite de cette journée d’atelier, les élèves ont passé une épreuve orale et devaient présenter l’un des ateliers de la journée. Un peu plus de 24% des élèves ont choisi de présenter cet atelier sur l’IA, en expliquant que c’était un sujet d’actualité, qu’ils avaient appris des choses…

Annexes :